Dans la nuit du 10 mars, notre camarade Ehsan Ali, président du Comité d’action Awami (AAC) de la région du Gilgit Baltistan et un des dirigeants du Revolutionary Communist Party (RCP, la section pakistanaise de l’Internationale communiste révolutionnaire), a été arrêté lors d’une descente de police dans sa maison de Gilgit. Les domiciles de plusieurs autres dirigeants du AAC ont également été perquisitionnés, et quatre d’entre eux ont été arrêtés à l’heure où nous écrivons : Nusrat Hussain, Mehboob Wali, Nafees et Mehar Ali. L’état de santé d’Eshan Ali se dégrade : il est âgé et a contracté une pneumonie en prison. Le 26 mars dernier, sa détention a été prolongée jusqu’au 9 avril. Elle pourrait encore être prolongée jusqu’à 90 jours !

L’ICR lance une campagne de solidarité mondiale pour faire libérer Eshan Ali et tous les dirigeants emprisonnés du AAC. Nous invitons tous nos lecteurs à y participer ; vous trouverez ci-dessous un modèle de motion que vous pouvez proposer dans votre syndicat ou toute autre organisation. Si la motion est adoptée, contactez-nous à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Hypocrisie judiciaire

On reproche à nos camarades d’avoir organisé une réunion de la direction du AAC lors d’un dîner d’iftar (le repas pris le soir durant le ramadan) pour discuter de l’activité du comité et préparer ses prochaines manifestations. Nos camarades Asghar Shah et Waheed Hassan ont également été inculpés, et la police a tenté de les arrêter.

Tous ces camarades sont inculpés au titre de la Loi antiterroriste et des sections 153-A et 506 du Code pénal pakistanais, qui traitent des crimes d’incitation à la violence. Le dossier de l’enquête mentionne aussi le fait qu’ils comptaient organiser une manifestation contre le pillage des ressources du Gilgit-Baltistan. En d’autres termes, on les accuse de terrorisme pour avoir voulu organiser des gens pour défendre leurs droits !

La classe dirigeante pakistanaise, qui mène des attaques sans précédent contre son propre peuple, fait tout son possible pour étouffer les voix qui dénoncent ses crimes.

Ehsan Ali et d’autres dirigeants du AAC avaient déjà été arrêtés, torturés et humiliés pendant de longs mois l’année dernière. Ils n’avaient été libérés qu’après une vaste campagne de solidarité organisée par l’ICR au Gilgit Baltistan, au Pakistan et dans le reste du monde, qui avait contraint la classe dirigeante pakistanaise à les relâcher.

C’était la guerre avec l’Inde qui avait alors servi de prétexte à la classe dirigeante pour réprimer nos camarades, ainsi que les mobilisations des masses à travers tout le Pakistan. Cette fois-ci, la classe dirigeante pakistanaise utilise la guerre en Iran et dans les pays du Golfe, déclenchée par l’impérialisme américain, pour attaquer les droits fondamentaux du peuple.

La classe dirigeante a imposé une hausse inédite de 55 roupies du prix du carburant. Cette augmentation devrait rapporter 113 milliards de roupies supplémentaires aux entreprises pétrolières pakistanaises. Cette attaque contre les conditions de vie de la population a porté la pauvreté, le chômage et la misère à de nouveaux sommets.

Tous les grands partis politiques pakistanais soutiennent la classe dirigeante. Aucun d’entre eux ne représente les masses laborieuses, ni ne propose d’alternative à ce système de misère. Dans ce contexte, le RCP construit ses forces pour lutter contre le système capitaliste et la soumission servile de la classe dirigeante pakistanaise à l’impérialisme américain.

Répression du 8 mars

C’est pour cela que le siège du RCP à Lahore a été visé par une vaste opération de police le 8 mars. Notre local a été fermé toute la journée par la police pour empêcher que se tienne notre meeting organisé à l’occasion de la journée internationale des femmes travailleuses. Cette réunion devait se tenir dans nos propres locaux, et n’avait donc légalement pas besoin d’une autorisation. Mais cela n’a pas empêché les autorités de l’interdire sous prétexte que nous n’en avions pas demandé.

Cet épisode témoigne de l’attitude de l’Etat pakistanais, qui s’attaque à tous les droits démocratiques fondamentaux. Depuis 2024 et pour la première fois de son histoire, la province du Penjab, où se trouve Lahore, est dirigée par une femme. Mais cela ne change rien. Peu importe le genre des représentants de la classe dirigeante, ils ne sont là que pour opprimer la classe ouvrière au profit des riches.

Le RCP avait également annoncé qu’il dédierait cette année ses activités durant la journée du 8 mars aux femmes de la minorité nationale baloutche, qui subissent une répression brutale de la part de l’Etat pakistanais. Le problème des disparitions forcées n’est pas nouveau au Pakistan : l’Etat arrête des militants politiques sans jamais les traduire devant les tribunaux, et on apprend des années plus tard qu’ils ont été tués. Mais, désormais, des femmes aussi sont touchées. Les jeunes femmes qui dirigeaient le comité baloutche Yakjehti ont ainsi été enlevées par les autorités il y a plus d’un an, et n’ont toujours pas été libérées.

Malgré cette répression réactionnaire, les camarades du RCP ont pu organiser des réunions dans plus d’une dizaine de villes du pays à l’occasion du 8 mars. En parallèle, ils ont continué de tenir des campagnes de solidarité avec les mobilisations des travailleurs et des minorités opprimées.

Contre l’impérialisme et la guerre

Le RCP a aussi publiquement condamné l’impérialisme américain et israélien pour avoir déclenché une guerre brutale contre l’Iran et nos camarades ont défendu la position révolutionnaire et anti-impérialiste de l’ICR. Ce message a rencontré un écho dans les couches avancées de la classe ouvrière pakistanaise, qui détestent profondément l’impérialisme américain et sympathisent avec les peuples d’Iran et de Palestine victimes de la sauvagerie impérialiste. En ce moment même, la classe dirigeante pakistanaise se prosterne devant l’impérialisme américain. Les dirigeants pakistanais ont même proposé deux fois Trump pour le prix Nobel de la paix !

Cette servilité s’est à nouveau manifestée quand les forces de l’ordre ont brutalement écrasé les manifestations de masse qui se déroulaient au Gilgit-Baltistan contre la guerre impérialiste américaine en Iran. Plus de quatorze personnes ont été tuées, principalement à Gilgit et Skardu, lors de la répression de ces manifestations convoquées par des organisations religieuses chiites proches du régime iranien.

Le Comité d’action Awami et le RCP ont condamné la violence de l’Etat contre ces manifestations. Avec d’autres dirigeants de l’AAC, Ehsan Ali s’est rendu dans des hôpitaux pour rendre visite aux blessés. Il a également dénoncé les manœuvres de la classe dirigeante pour provoquer des affrontements religieux entre les différentes communautés du Gilgit-Baltistan. C’est pourtant lui qu’on accuse d’« inciter à la violence », tandis que les meurtriers des quatorze manifestants sont toujours en liberté.

La classe dirigeante montre clairement sa soumission à ses maîtres impérialistes, dont elle espère qu’ils daigneront lui jeter quelques miettes. Sa servilité s’est déjà manifestée au cours des dernières décennies, lorsqu’elle a apporté son aide aux différentes guerres menées par l’impérialisme américain en Afghanistan. Ces guerres ont fait couler le sang de centaines de milliers de personnes, et en ont plongé des millions d’autres dans la misère. Mais les généraux et les politiciens dirigeants du Pakistan en ont tiré d’immenses fortunes. La classe dirigeante espère gagner de nouvelles richesses et de nouveaux privilèges en profitant de la guerre contre l’Iran pour attaquer encore plus brutalement la classe ouvrière.

Le RCP est déterminé à lutter contre cette oppression et continuera de militer pour la libération de nos camarades au Gilgit-Baltistan. Nous continuerons de lutter contre le système capitaliste, qui est la cause de cette oppression et de cette violence. La seule façon pour l’humanité de s’en libérer est de renverser ce système par une révolution socialiste !

Une attaque contre l’un d’entre nous est une attaque contre tous !

Liberté pour Ehsan Ali et les dirigeants du AAC-GB !

 


 

Modèle de motion

Solidarité avec les dirigeants emprisonnés du Comité d’Action Awami du Gilgit-Baltistan

Notre [syndicat/syndicat étudiant/organisation] observe avec une profonde inquiétude:

  • L’arrestation et la détention le 10 mars de membres dirigeants du Comité d’Action Awami du Gilgit-Baltistan (AAC-GB), y compris son président Ehsan Ali, Nusrat Hussain, Mehboob Wali, Nafees et Mehar Ali.
  • Que ces camarades ont été mis en examen de façon abusive au titre des lois antiterroristes et accusés “d’incitation à la violence”, des accusations qui semblent avoir une motivation politique.
  • Durant l’audience préliminaire d’Ehsan Ali le 26 mars, le juge a même reconnu qu’un diner d’iftar ne constituait pas un “crime en soi”, et encore moins un acte de terrorisme.
  • Ehsan Ali est en mauvaise santé, et a contracté une pneumonie durant sa détention. Sa vie serait en danger si sa détention se prolongeait.
  • Il a été rapporté qu’Amara Sattar, le sous-divisionnaire de la police de Danyor, à Gilgit, a été informé du mauvais état de santé d’Ehsan Ali et du besoin qu’il soit urgemment hospitalisé, et avait répondu: “Laissez, il y a des ordres d’en haut… laissez le mourir.”
  • En 2025, Ehsan Ali a été placé sur la fameuse “Annexe quatre” de la loi pakistanaise, prévue à l’origine pour surveiller les terroristes - ce qui a drastiquement restreint sa liberté de mouvement.
  • La même année, Ehsan Ali et 14 autres membres dirigeants de l’AAC-GB ont passé trois mois en prison après avoir été mis en examen sur la base des lois anti-terroristes. Ils ont été relâchés sous caution le 14 août, ce qui montre que les accusations étaient infondées.
  • Ces précédentes arrestations se sont produites alors que l’AAC-GB préparait un meeting sur la question de la propriété des ressources naturelles du Gilgit-Baltistan.
  • La persécution politique de l’AAC-GB par l’Etat pakistanais est donc bien avérée et dure depuis longtemps.
  • Nous notons aussi que l’AAC-GB a organisé des mouvements de masse qui ont permis d’obtenir des concessions vitales sur les subventions au prix de la farine et sur l’accès des communautés les plus pauvres à l’électricité et l’éducation.

Notre [syndicat/syndicat étudiant/organisation] estime que:

  • Ces arrestations représentent une attaque évidente contre les droits démocratiques et la liberté syndicale.
  • La criminalisation des activités politiques pacifiques établit un dangereux précédent pour le mouvement ouvrier mondial.
  • La solidarité internationale est essentielle pour défendre le droit de s’organiser pour se défendre contre l’exploitation et l’oppression.
  • La lutte des travailleurs du Gilgit-Baltistan contre la pauvreté et le pillage des ressources est une part intégrale du mouvement ouvrier international.

Notre [syndicat/syndicat étudiant/organisation] décide de:

  1. Condamner ces arrestations politiques et réclamer la libération immédiate de tous les dirigeants et militants de l’AAC-GB emprisonnés;
  2. Ecrire à l’Ambassade du Pakistan en France, pour réclamer la libération de tous les camarades emprisonnés et la fin de la répression au Gilgit-Baltistan;
  3. Informer le maximum de personnes sur cette affaire par tous les moyens dont dispose notre [syndicat/syndicat étudiant]; 
  4. Participer à toutes les futures campagnes de solidarité et continuer à soutenir les mouvements démocratiques au Pakistan.

Notre [syndicat/syndicat étudiant/organisation] s’engage à:

  • Suivre les développements de cette affaire et prendre toutes les mesures qui s’imposeront;
  • Nouer des liens avec les organisations syndicales internationales pour organiser nos efforts de solidarité;
  • Faire connaître les avancées de la lutte contre l’impérialisme et pour les droits des travailleurs en Asie du Sud;
  • Soutenir les mobilisations contre la répression à l’échelle mondiale.

“Une attaque contre un d’entre nous est une attaque contre tous”

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